5 questions sur le langage du sexe

Les mots ont-ils un pouvoir aphrodisiaque ? Si oui, quels sont ceux qui excitent et ceux qui rebutent ? Comment parler de sexe et raconter le désir ? Peut-on tout écrire ? Quelles scènes érotiques parlent le plus aux lecteurs ? Nous avons demandé son avis à M.A Charbarni, auteure du très excitant roman Deux jours avec lui.


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Dans son livre, M.A Charbarni, raconte l’histoire d’une rencontre qui va se dérouler sur un week-end et un seul, avec pour deal initial une relation purement sexuelle… Pourtant, magie de la vie et de l’humain, il se passera bien d’autres choses dans les cœurs des amants et leur relation va naturellement aller plus loin dans l’intimité. Profonde, mystérieuse et touchante, cette auteure a répondu à nos questions avec beaucoup de finesse, et on l’en remercie vivement.

« Quelle est la scène érotique que vous avez écrite dont vos lecteurs vous parlent le plus ? »
Chapitre « prohibitions ». La scène du tout premier face-à-face qui dure une bonne demi-heure et où il ne passe rien de visible. Le coup de foudre, violent, le désir fou, l’attente interminable et douloureuse… Après des mois d’échanges sextos sulfureux, il semble impossible de briser la glace entre virtuel et réel. Le blocage est total, des deux côtés. On me dit souvent « A ta place j’aurais eu exactement les mêmes réactions » !

Quels sont les écueils à ne pas commettre quand on parle « sexe » ?

Puisqu’il s’agit de parler et non pas d’écrire, je n’en vois qu’un : trop entrer dans les détails. Qu’on en parle de façon générale ou avec un partenaire qu’on drague.
Par exemple, lors d’une soirée entre amis, j’essaie de préserver les gens qui n’aiment pas trop partager cet aspect très intime de leur vie en public. Je peux le comprendre.


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Conserver une certaine pudeur est une forme de respect de soi et de l’autre, en la circonstance. Le risque, sans cela, serait de sombrer dans un échange vulgaire qui ne serait qu’un piètre palliatif à la gêne. Chacun a droit à son jardin secret. D’autant plus que la retenue peut inciter l’autre à s’ouvrir davantage jusqu’à créer un véritable climat de confiance. Après quoi l’on peut échanger vraiment.

Avec un/une partenaire qu’on drague, il vaut mieux éviter également de trop en dire à l’avance, même si les raisons sont un peu différentes. Plus on préserve le mystère, et plus on a de chances que le sexe, après, soit intense.« Quels sont les trois mots qui revêtent à vos yeux le plus de capital érotique ? Pourquoi ? »
– Mon petit nom secret. Le prononcer, sans rien ajouter, c’est me dire je t’aime d’une autre façon beaucoup plus personnelle.
– Baiser. Honnêtement, ce n’est pas au mot « embrasser » que je pense… De « on baise ? » à « baise-moi », le champ des possibles est infini. C’est moins cul-cul que « faire l’amour » et pourtant, c’est la même chose, même si beaucoup pensent différemment.


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Baiser… Un mot cru, sincère, charnel, qui sous-entend aussi bien les échanges tendres que cochons. L’important, c’est la magie qu’on y met… non ?

– Nous. C’est toi et moi. C’est le couple. Tout ce qu’il y a en dehors de « vous » ou de « eux ». Tout un univers restreint à deux personnes qui s’aiment. On le prononce rarement pendant l’amour, mais on y pense (ah non pardon, « nous » y pensons) tout le temps.

« Et les trois qui, à l’inverse, en possèdent le moins ? »
– Se tromper de prénom pendant l’acte. Effet blocage garanti…
– Papa/maman. Aaaaaghr. Quelle horreur ! Les petits jeux incestuels et infantilisants, ça me réduit à un avilissement, là où j’ai plutôt envie de m’épanouir et de rester pleinement femme.
– Ma biche. Ou ma rose, enfin, tous ces mièvres petits surnoms d’une triste banalité qui ne me font pas me sentir spéciale. Un peu d’originalité, que diable !

« Un (hot) livre de chevet à conseiller ? »
La trilogie Sexus, Nexus, Plexus, de Henry Miller.

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