« Bébés sans bras » : l’enquête démarre lentement

À ce stade, rien ne permet d’expliquer la survenue d’anomalies congénitales chez des enfants dans l’Ain, le Morbihan et la Loire-Atlantique. Deux comités d’experts viennent d’être constitués. Ils rendront un rapport en juin 2019.

Le 29 octobre dernier, le gouvernement a saisi l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et Santé publique France (SPF) afin d’enquêter sur l’affaire des « bébés sans bras ». Un nombre anormalement élevé d’enfants nés avec un handicap, une agénésie transverse du membre supérieur, a été repéré dans l’Ain, le Morbihan et la Loire-Atlantique. Trois cas ont également été signalés près de l’étang de Berre, dans les Bouches-du-Rhône.

Trois mois après la saisine, l’Anses et SPF ont mis en place deux comités d’experts.

  • Le premier rassemble 22 scientifiques de différentes disciplines (gynécologie, génétique, épidémiologie, infectiologie…), sous la houlette du Pr Alexandra Benachi, présidente de la Fédération française des centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal. Ce comité d’experts va examiner toutes les explications possibles à ces naissances de bébés malformés (intoxication, exposition à des produits chimiques…), mais précise que « à ce stade, aucune hypothèse n’est privilégiée par rapport à une autre ». La première réunion se tiendra début mars.
  • Le second, un Comité d’orientation et de suivi, dirigé par Daniel Benamouzig, sociologue au CNRS, se réunira pour la première fois le 21 février. Il est chargé d’engager le dialogue avec les familles, les associations de patients, les professionnels de santé et les différents registres qui, au niveau local, recensent les cas anormaux d’anomalies congénitales.

Ces registres ne couvrent actuellement que 19 % des naissances en France. La création d’un nouveau registre est prévue dans les mois qui viennent. 

Pour l’heure, l’Anses et SPF n’ont repéré aucune augmentation particulière du nombre d’agénésies transverses du membre supérieur. « Les résultats des analyses des données de cinq registres ne mettent pas en évidence de tendance à la hausse sur la période d’étude, avec une prévalence de 1,1 pour 10 000 en 2009 et 1,3 pour 10 000 en 2016 », précisent les deux agences sanitaires qui rendront leur rapport en juin 2019.

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