Cancer du poumon : des experts réclament un dépistage chez les fumeurs

Des pneumologues, radiologues et cancérologues se mobilisent pour qu’un scanner soit proposé tous les ans aux grands fumeurs. Ils estiment que ce dépistage permettrait de sauver 7500 vies par an. La question sera abordée lors du congrès de pneumologie qui s’ouvre aujourd’hui à Marseille.

Le cancer du poumon frappe 49 000 personnes et en tue 31 000, chaque année en France. En 2011, une étude scientifique américaine avait montré qu’on pouvait réduire la mortalité par cancer du poumon en proposant tous les ans aux gros fumeurs un dépistage par scanner thoracique, un examen faiblement irradiant. 

En 2016, la Haute autorité de santé avait estimé qu’elle ne disposait pas d’éléments scientifiques suffisants pour lancer un tel dépistage en France.

Mais depuis, la donne a changé. En septembre 2018, l’étude européenne Nelson a montré qu’un scanner annuel chez des gros fumeurs de plus de 50 ans permettait de réduire la mortalité par cancer du poumon de 25 % chez les hommes et de 40 à 60 % chez les femmes.

Ces résultats très encourageants ont incité un groupe d’experts réunissant des pneumologues, des radiologues et des cancérologues à solliciter la Haute autorité de santé pour qu’elle revoie sa position. « Aujourd’hui, on ne peut plus se contenter de répondre que les données de la science sont insuffisantes », souligne le Dr Alexis Cortot, professeur de pneumologie au CHU de Lille. 

Ce spécialiste est d’autant plus convaincu de l’intérêt du dépistage que les premiers résultats d’une étude scientifique, menée actuellement dans le département de la Somme, montre la faisabilité du dispositif et l’adhésion des professionnels de santé.

En pratique, le dépistage consisterait à proposer chaque année un scanner thoracique à des gros fumeurs, ne présentant à ce stade aucun symptôme de cancer du poumon. Dans l’étude européenne Nelson, il s’agissait de personnes de 50 à 75 ans, fumant 15 cigarettes par jour depuis 25 ans, ou plus de 10 cigarettes par jour depuis 30 ans, et qui n’avaient pas réussi à arrêter depuis plus de 10 ans. 

Il leur était proposé un scanner la première année, un autre la deuxième année, puis un autre examen deux ans après. L’étude n’allait pas plus loin, « mais il y a probablement intérêt à poursuivre les scanners », observe le Pr Cortot. 

S’il était mis en place, ce dépistage coûterait entre 100 et 200 millions d’euros par an. Le groupe d’experts français souligne que ce coût équivaut à une augmentation du prix du paquet de cigarettes « de 5 à 10 centimes », précise le Pr Cortot. On attend la réponse de la Haute autorité de santé.

 

Source : Voir

Blablaweb