Cancer : et si les nanoparticules favorisaient les métastases ?

Présentes dans les médicaments, les additifs alimentaire ou encore les crèmes solaires, les nanoparticules pourraient favoriser la survenue et le transport de métastases des cancers, selon une étude scientifique de Singapour.


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Dans les crèmes solaires, les bonbons, les desserts, les cosmétiques, les médicaments… Les nanoparticules sont présentes dans bon nombre de produits du quotidien, souvent sous forme de dioxyde de titane nano (E 171) ou de dioxyde de silicium nano.

Mais alors que leur usage est de plus en plus décrié au vu de leur potentiel risque pour la santé, une étude de l’université de Singapour suggère que ces nanoparticules auraient des effets secondaires non négligeables, dont celui de favoriser la progression du cancer et de ses métastases.

En utilisant le cancer du sein pour modèle expérimental, les chercheurs affirment avoir découvert que les nanoparticules couramment utilisées avaient tendance à augmenter la porosité des vaisseaux sanguins, favorisant la circulation des cellules cancéreuses. Un phénomène inquiétant qu’ils ont qualifié de “fuites endothéliales induites par les nanomatériaux”, et qui accélérerait de fait la progression de métastases.

Pour un patient atteint de cancer, nos conclusions impliquent qu’une exposition préexistante aux nanoparticules à long terme – par exemple, par le biais de produits quotidiens ou de polluants environnementaux – peut accélérer la progression du cancer”, a indiqué David Leong, coauteur de l’étude. Ce dernier a ajouté que “les interactions entre ces nanomatériaux minuscules et les systèmes biologiques du corps doivent être prises en compte lors de la conception et du développement de la nanomédecine contre le cancer”. Car il est crucial de s’assurer, avant de prescrire un médicament contenant des nanoparticules, que cela ne va pas indirectement accélérer la progression du cancer.

Les scientifiques entendent par ailleurs tourner cet effet indésirable des nanoparticules à leur avantage, en mettant au point de nouvelles stratégies thérapeutiques : le traitement des tumeurs immatures jusque-là inatteignables du fait de la faible porosité des vaisseaux sanguins, ou le traitement de la fibrose du foie, entraînant la formation de tissu cicatriciel et réduisant l’apport sanguin aux cellules hépatiques.

L’étude a été publiée le 28 janvier 2019 dans la revue Nature Nanotechnology.

Source : université nationale de Singapour

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