Capsulite de l’épaule : quels symptômes ? quel traitement ?

Vous avez du mal à lever un bras, à vous habiller, votre épaule se bloque au moindre mouvement… vous souffrez probablement d’une capsulite rétractile. Souvent confondue avec une tendinite, la capsulite de l’épaule est pénible. Il faut être patient, mais on en guérit. Causes, symptômes et traitements : les explications d’un rhumatologue et d’un kinésithérapeute.


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Ni arthrose, ni tendinite, la capsulite de l’épaule a des symptômes bien spécifiques. « Elle représente moins de 2 % des consultations pour une épaule douloureuse », assure le Dr Éric Noël, rhumatologue.

Les différentes phases d’une capsulite rétractile

La maladie évolue en plusieurs phases, le processus pouvant s’étaler sur plusieurs mois, parfois deux ans.

  • Au début, des douleurs d’intensité modérée apparaissent au niveau de l’épaule, lors de gestes banals. « C’est une phase d’incertitude », selon le Dr Éric Noël. À ce stade, les douleurs peuvent être confondues avec celles d’une tendinite et traitées comme telle. Conséquence : le patient continue à mobiliser son articulation sans précaution, ce qui ne fait qu’aggraver la douleur.
  • Au bout de quelques semaines ou quelques mois, il entre dans la phase “chaude” de la maladie. La capsule, l’enveloppe de l’articulation, s’enflamme. La douleur s’intensifie, jour et nuit, et l’épaule commence à se bloquer. « La zone touchée est très innervée, et c’est pour cela que l’inflammation est si douloureuse », observe Frédéric Srour, kinésithérapeute.
  • Cette inflammation va ensuite disparaître pour laisser la place à une raideur très gênante de l’épaule. Il devient impossible de se coiffer ou d’agrafer son soutien-gorge. Cette phase “froide” s’explique par une perte d’élasticité, une fibrose et une rétraction de la capsule. Les examens d’imagerie (radio ou échographie) ne montrent rien d’anormal. Mais lorsque le médecin mobilise le bras du patient, il constate un blocage dans toutes les directions.

Les causes d’une capsulite souvent mal cernées

Les causes d’une capsulite ne sont clairement identifiées que dans 50 % des cas. Elle peut se déclencher après un traumatisme de l’épaule ou la prise de certains médicaments (barbituriques, trithérapies du VIH…).

Autres facteurs favorisants : le diabète, les maladies de la thyroïde, une opération du sein avec curage ganglionnaire ou encore une intervention chirurgicale au niveau de la cage thoracique. Enfin, les capsulites surviennent souvent dans un contexte de stress, sans que l’on sache si l’anxiété est la cause ou la conséquence.

80 à 85 % des patients souffrant de capsulite de l’épaule sont des femmes. Les symptômes apparaissent le plus souvent entre 45 et 55 ans.

Traiter l’inflammation par des infiltrations

La capsulite se soigne en deux temps. « Il faut d’abord soulager le patient et, ensuite, assouplir l’épaule », détaille le Dr Noël.

En priorité, l’inflammation est traitée par des infiltrations de corticoïdes dans l’articulation. Deux séances (parfois trois), sous contrôle radiographique, sont nécessaires, chacune à deux ou trois semaines d’intervalle. Pour ne pas réveiller la douleur, il faut alors ménager son épaule, sans l’immobiliser. Des exercices d’étirements sont conseillés.

Rééduquer l’épaule

Une fois la douleur calmée, la rééducation peut commencer. Le but : récupérer la mobilité de l’articulation. « On combine des mobilisations manuelles, des étirements et, progressivement, un renforcement musculaire », explique Frédéric Srour.

Des séances de balnéothérapie dans une eau à 34-35 °C peuvent également aider à remobiliser son bras en douceur.

La reprise du sport se fera progressivement, en suivant les conseils du kinésithérapeute. Mais une joueuse de tennis ou de badminton, deux sports qui mobilisent fortement l’épaule, devra faire preuve de patience avant de retrouver le même niveau.

La capsulite guérit presque toujours, bien qu’elle puisse laisser des séquelles de raideurs et, parfois, toucher l’autre épaule. Jamais deux fois la même. « Le traitement est long, mais il s’agit d’une pathologie bénigne », rappelle systématiquement Frédéric Srour à ses patients.

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Source : Voir

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