Constipation : l’Académie de pharmacie alerte sur certaines plantes laxatives

De nombreux compléments alimentaires prétendant « améliorer le transit intestinal » ou vous garantir un « ventre plat » contiennent des plantes potentiellement dangereuses. L’Académie nationale de pharmacie demande qu’elles soient retirées de la liste des produits autorisés en vente libre.

Le séné, la bourdaine, le suc d’aloe vera, le cassier, le cascara, le nerprun ou encore la racine de rhubarbe se retrouvent dans des compléments alimentaires destinés à traiter la constipation.

Or ces plantes contiennent des molécules actives, des dérivés hydroxyanthracéniques, dont les propriétés laxatives stimulantes inquiètent l’Académie nationale de pharmacie. 

Dans un rapport publié le 7 février 2019, les Académiciens mettent en garde : « Par laxatif stimulant, on entend un laxatif puissant, mais irritant pour le tube digestif, responsable d’une perte de sels minéraux (potassium, etc.) par l’organisme. Son usage prolongé provoque une dépendance : il n’est plus possible d’aller à la selle sans médicament. À long terme, des lésions définitives de la paroi interne de l’intestin peuvent apparaître (maladie des laxatifs). Il augmente les sécrétions et la motricité de l’intestin. »

Une alerte de l’Agence européenne de l’alimentation, datant de janvier 2018, pointe même un risque de cancer du côlon lors d’une utilisation prolongée de laxatifs contenant des dérivés hydroxyanthracéniques. 

Ces plantes laxatives stimulantes sont, pourtant, autorisées dans les compléments alimentaires par un arrêté du 24 juin 2014. L’Académie de pharmacie réclame donc leur retrait de cette liste (qui comporte 540 espèces végétales) ou, au minimum, un durcissement de la législation. 

Actuellement, les seules mises en garde figurant sur l’étiquetage concernent les enfants de moins de 12 ans et les femmes enceintes. Pour l’Académie, il faudrait rappeler les contre-indications de ces plantes (maladie de Crohn, rectocolite, occlusion intestinale, douleurs abdominales de cause indéterminée, déshydratation sévère), signaler le risque d’interactions médicamenteuses et indiquer la dose et la durée de traitement à ne pas dépasser, comme pour tout médicament.

Ainsi pour l’aloe, la bourdaine, le cascara, la rhubarbe et le séné, il est conseillé de ne pas dépasser 10 à 30 milligrammes de dérivés hydroxyanthracéniques par jour, à prendre le soir, 2 à 3 fois par semaine, sur 1 à 2 semaines maximum.

L’Académie de pharmacie réclame également un renforcement de la « nutrivigilance » autour des compléments alimentaires en vente libre. Un dispositif existe depuis 2009. En 2016, il a reçu 2649 signalements d’effets indésirables (chiffre probablement sous-estimé), dont plus de 90 % concernaient des compléments alimentaires et, dans 15 % des cas, des produits avec une allégation « minceur ».

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