Des mutations génétiques qui modifient l’appétit

Il existe des raisons biologiques qui expliquent pourquoi certaines personnes luttent avec leur poids, et pas d’autres. Les chercheurs constatent de plus en plus que ce sont l’appétit et la satiété, et non le métabolisme, qui déterminent la prise de poids d’une personne.


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Vous ragez intérieurement à chaque fois que votre meilleur ami·e refuse une part de gâteau, après avoir mangé une salade ? Vous pensez que la nature est mal faite ? Il y a de quoi attiser la jalousie, en effet, mais aussi de quoi se travailler sur le lâcher prise. Deux nouvelles études rapportées par le New York Times indiquent que le contrôle de notre poids est plus souvent le résultat de la génétique que de notre volonté.

Il y a donc des raisons biologiques pour lesquelles certaines personnes luttent constamment avec leur poids et pas d’autres. Le gène en question, baptisé MC4R, aurait un impact sur l’appétit, et non pas sur le métabolisme. Environ 6 % de la population serait porteuse de mutations de ce gène. Les personnes qui prennent trop de poids ou qui rencontrent des difficultés pour rester minces se sentent donc plus affamées que les personnes « naturellement » minces, chez qui le gène est continuellement activé.

Couper ou augmenter l’appétit

Les participants de la première étude, publiée par la revue Cell, avaient été minces toute leur vie. Ils n’avaient pas de métabolisme inhabituel, mais ne se souciaient tout simplement pas beaucoup de la nourriture. Ils n’ont jamais trop mangé, et n’avaient jamais réfléchi avec angoisse au « prochain repas ». L’étude a permis de déterminer la présence d’une altération génétique qui coupe l’appétit, et réduit par la même occasion les risques de diabète et de maladie cardiaque.

Une deuxième étude publiée également par Cell, a utilisé les mêmes données pour établir un score de risque génétique pour l’obésité. Les scientifiques de l’université de Cambridge, au Royaume-Uni, se sont ainsi aperçus que certaines personnes portent une mutation rare du gène MC4R qui l’empêche de fonctionner. Ils ont observé jusqu’à 300 mutations génétiques possibles, responsables de l’obésité, qui empêchent la sensation de satiété après un repas. Leur corps ne reçoit jamais le signal qu’ils ont assez mangé. Cette nouvelle piste constitue une cible évidente de médicaments a destination des personnes en surpoids.

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