Dolce & Gabbana, Patrick Demarchelier… : Planète Mode, terre de scandales

Né fin 2017 de la révélation d’actes de harcèlement dans l’industrie du cinéma, le mouvement #metoo s’est depuis répandu sur la planète Mode. Cette année encore, elle a tremblé à cause d’accusations d’agression sexuelle, de harcèlement et d’actes racistes. Retour sur ces différents séismes…

Kate Upton accuse Paul Marciano, cofondateur de GUESS

Tout est parti d’un tweet. Le 31 janvier 2018, Kate Upton s’adresse à ses plus de 2 millions de followers : « On ne devrait pas permettre à [Paul Marciano] d’utiliser son pouvoir dans l’industrie pour harceler des femmes sexuellement et émotionnellement #MeToo.« 

Le 7 février, TIME publie son entretien avec l’actrice et top model, qui raconte différents incidents avec le fondateur de la marque GUESS dont elle était l’égérie. « Paul Marciano a dit qu’il souhaitait me rencontrer. Dès que je suis entrée avec le photographe Yu Tsai, Paul s’est avancé vers moi, m’a attrapé les seins de force et s’est mis à les caresser, à jouer avec, en fait. Je l’ai repoussé et il a dit ‘Je m’assure qu’ils sont vrais’.« 

« [Paul Marciano] a continué de me toucher de manière très dominante et agressive, en m’attrapant les cuisses, les bras et les épaules pour me tirer vers lui, le cou et la poitrine, et en me reniflant. Il a ensuite demandé à Yu Tsai de nous laisser seuls… À un moment, il m’a attrapé la nuque pour m’empêcher de bouger et s’est mis à m’embrasser sur le visage et dans le cou« , a poursuivi Kate Upton.

Le 12 juin, GUESS a annoncé la démission de son cofondateur et président exécutif Paul Marciano. La marque a également trouvé un accord avec cinq autres plaignantes qui auraient touché plus de 500 000 dollars de dédommagement au total.

Un Français accusé : Patrick Demarchelier perd gros !

« Les gens seraient mortifiés s’ils savaient vraiment ce qu’il se passe derrière le glamour de l’industrie« , avait déclaré Abbey Lee au Boston Globe. L’actrice et top model s’est exprimé dans Beauty and the Ugly Truth, une enquête consacrée au harcèlement et aux agressions sexuelles subis dans le cadre professionnel.

L’article mentionne six hommes, cinq photographes (dont le Français Patrick Demarchelier) et un styliste. Ils ont été formellement identifiés par plusieurs modèles féminins, victimes présumées de leur mauvaise conduite.

Une ex-assistante photo de Patrick Demarchelier a écrit à la rédactrice en chef de Vogue, Anna Wintour. Dans son mail, la jeune femme révèle avoir reçu des avances sexuelles répétées de Patrick Demarchelier, les premières à 19 ans, quand elle était stagiaire. Elle a expliqué au Boston Globe avoir cédé à ses propositions, de peur de perdre son emploi.

Au total, six femmes accusent l’ex-photographe personnel de Lady Diana d’avances sexuelles et d’attouchements. Patrick Demarchelier a réagi, en qualifiant ces accusations de « ridicules« . L’homme a tout de même perdu un prestigieux client, le groupe Condé Nast, qui a indiqué au Boston Globe que ses magazines ne collaboreraient plus avec le photographe français.

Sir Philip Green, un scandale qu’il a tenté d’étouffer.

Harcèlement, harcèlement sexuel et racisme : Philip Green fait l’objet de lourdes accusations. Le milliardaire de 66 ans et président de l’Arcadia Group, propriétaire des marques Topshop et Topman, aurait « dépensé des sommes substantielles pour cacher la vérité«  sur ses actes. Il y est parvenu jusqu’au jeudi 25 octobre 2018, lorsqu’un membre du parlement britannique, Peter Hain, a dévoilé son identité devant la Chambre des Lords.

La vérité a failli voir le jour une première fois après une enquête de huit mois menée par le Daily Telegraph. Le quotidien a reçu un impératif de silence par la justice britannique, estimant que les informations en passe d’être publiées enfreignaient des accords de confidentialité signés par cinq employés de Philip Green.

Philip Green a dépensé près de 500 000 livres (environ 566 000 euros) pour être représenté par une équipe d’au moins sept avocats du prestigieux cabinet londonien Schillings.

Dolce & Gabbana, une maison raciste ?

Le Great Show (« grand défilé », nom inspiré de la Grande Muraille) de Dolce & Gabbana devait avoir lieu mercredi 21 novembre, à Pékin. L’événement a été annulé par les autorités locales, à la suite de la publication de messages racistes supposément écrits par le cofondateur de la marque italienne, Stefano Gabbana.

Une utilisatrice d’Instagram lui a reproché le caractère raciste de la campagne sur les réseaux sociaux de Dolce & Gabbana pour son défilé chinois. Stefano Gabbana lui a répondu : « Si les Chinois sont offusqués par une fille qui mange de la pizza ou des pâtes avec des baguettes, ça veut dire que les Chinois se sentent inférieurs… et ce problème n’est pas le nôtre !!!« 

« Es-tu raciste parce que tu manges du chien ? Nous honorons les chiens (…) que nous aimons et avec qui nous vivons… Désormais, je dirai dans toutes les interviews étrangères que je ferai que la Chine est un pays [de merde]… La Chine, une mafia d’idiots qui sentent mauvais« , poursuit Stefano sur les messages. Dolce & Gabbana a affirmé que son cofondateur avait été victime d’un piratage. Le créateur mis en cause et son bras droit Domenico Dolce se sont tout de même confondus en excuses.

Les habitants de la planète Mode doivent-ils s’attendre à de nouveaux scandales en 2019 ? Réponse dans les semaines et mois à venir…


Source : Elle.fr

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