L’endométriose, c’est quoi ?

Décryptage d’une maladie gynécologique chronique

L’endométriose, ENFIN on en parle

Maladie aussi vieille que l’Humanité et connue par cette dernière depuis 1860, l’endométriose est enfin devenue un sérieux sujet de santé publique. A juste titre, puisque cette maladie gynécologique concerne près d’1 femme sur 10, voire 1 sur 7. On apprend qu’en plus il faut 7 ans en moyenne pour diagnostiquer l’endométriose chez une femme.

Depuis 1860, l’endométriose n’a donc pas intéressé grand monde dans le corps médical et scientifique. La raison en est qu’il est difficile de la déceler. A cet état de fait, on peut également supposer qu’un contexte social patriarcal installé ait pu influencer l’absence de curiosité médicale des médecins. Le fait que l’endométriose soit une maladie exclusivement féminine, et qu’elle ne dispose pas de symptômes propres à elle, la rendait transparente. Le XIXème ne manque pas de clichés où la femme est perçue comme un être fragile et délicat par nature. Alors, qu’elle souffre pendant ses règles, il y a quelque chose d’assez logique, au final non ? Mais heureusement, tout arrive.

EndoFrance et Laeticia Milot

Ce n’est que ces dernières années que nous entendons plus parler d’endométriose. On le doit à l’association EndoFrance qui s’est rapprochée en 2014 de Laeticia Milot, actrice française populaire, pour s’appuyer sur sa notoriété et faire parler de sa maladie.

L’actrice raconte notamment : « Lorsque j’étais plus jeune, pendant les douleurs menstruelles, j’avais des douleurs plus ou moins fortes. Le méde­cin et mon entou­rage me disaient que c’était normal, c’est normal qu’on ait mal pendant ces moments-là. Et en fait, au fur et à mesure, ces douleurs se sont accentuées, ça prenait des ampleurs énormes. »

Car l’endométriose est bien plus que des règles qui font mal. C’est un dysfonctionnement de l’organisme dont l’origine se trouve au sein de l’endomètre.

C’est quoi l’endométriose ?

Direction le bas-ventre. L’endomètre est le tissu qui tapisse tout le contour de l’utérus. Comme n’importe quel organisme, l’endomètre est composé de cellules qui forment une paroi qui grossit pendant la période de fécondation dans l’attente de l’embryon. Celle-ci se « dégonfle » quand l’embryon attendu ne se présente pas, et les déchets qui en résultent forment les règles.

Cependant, il peut arriver que les cellules de l’endomètre se fassent la malle et partent de l’endomètre pour aller vivre leur vie sur d’autres organes. Leurs destinations de prédilection étant l’ovaire, le rectum, les vessies, mais elles peuvent aussi aller élire domicile dans les poumons ou le cerveau.

Le problème, c’est que la nature et la fonction de ces cellules-déserteurs restent liées à l’endomètre. Ainsi, en période de cycle reproductif, elles commencent à se développer. Mais n’étant pas dans le bon milieu, elle ne se développent pas correctement. Conséquence de quoi, elles se mettent à congestionner et à saigner ; ce qui va provoquer des lésions sur les autres cellules et former des kystes à l’origine de symptômes plus ou moins conséquents.

Vous l’aurez donc compris, les cellules de l’endomètre se baladent un peu où elles veulent. En conséquence, il n’y a pas une mais des endométrioses. En fait, il y a autant d’endométrioses qu’il y a de femmes affectées. Les symptômes ne se retrouveront pas chez toutes les femmes, néanmoins on en connait des récurrents.

Quels sont les symptômes de l’endométriose ?  

La douleur est extra-utérine, mais également intra-utérine. Par le désordre engendré par le fait que les cellules soient parties, les ovaires vont se contracter de manière anarchique déclinée sous différentes formes et cela va venir perturber la mécanique de reproduction, pouvant mener à l’infertilité.

  • Règles douloureuses
  • Troubles digestifs (diarrhée ou constipation)
  • Troubles urinaires (brûlure, sang urinaire, miction fréquente)
  • Fatigue chronique
  • Douleurs pendant les rapports sexuels
  • Douleurs pelviennes et lombaires
  • Infertilité

L’infertilité dans le cadre de l’endométriose mérite quelques précisions.

L’endométriose rendrait infertile ?

Le fait que les cellules de l’endomètre soient signalées aux abonnées absentes pose un problème pour les ovaires qui vont être empêchés de fonctionner normalement. Livrés à eux-mêmes, ils vont se contracter de manière anarchique, ce qui en conséquence va perturber la mécanique de reproduction. Le résultat aboutissant à l’infertilité.

Il reste que ce scénario n’est pas systématique. L’infertilité va dépendre de la sévérité de l’endométriose et de l’emplacement des lésions. S’ils sont à des endroits « stratégiques » comme les trompes, l’utérus ou la cavité ovarienne, concevoir un enfant devient compliqué. Pour autant, il existe plusieurs solutions :

  • Eliminer les zones lésées en passant par la chirurgie. On peut ensuite concevoir un enfant selon le schéma traditionnel.
  • La fécondation in vitro
  • Enfin, les plus jeunes femmes ont l’option de préservation des ovocytes pour éviter que l’endométriose les endommage dans le temps.

Peut-on guérir de l’endométriose ?

La réponse est non. Du moins pas à ce jour. L’endométriose ne se soigne pas, mais se traite pour soulager les douleurs. La base du traitement étant de stopper les règles. Pour cela différents moyens :

  • Prendre une pilule à vie.
  • Un stérilet hormonal
  • La prise de progestérone.
  • La chirurgie, c’est uniquement en dernier recours en cas d’échec des trois solutions précédentes.

C’est peu comme remèdes pour l’instant. Mais tout porte à croire que l’avenir sera tout autre.

Bonne nouvelle ! L’intérêt scientifique s’est réveillé

Terminons sur une note d’espoir ; l’intérêt scientifique général et mondial s’intéresse enfin à l’endométriose. Preuve en est les 40 000 articles scientifiques qui sortent par an. Il y a 10 ans c’était lettre morte. On ne peut que se réjouir de ce retournement de situation plus que bienvenu.

En attendant que la science avance dans ses recherches, il existe des alternatives pour mieux vivre avec l’endométriose en veillant entre autres à son hygiène de vie, son alimentation  et son état d’esprit.

Source : https://www.lepopulaire.fr/limoges/sante/medecine/2018/03/29/cinq-idees-recues-sur-l-endometriose-decryptees-par-un-medecin-de-limoges_12788330.html#refresh

https://www.endofrance.org/la-maladie-endometriose/symptomes-endometriose/

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/endometriose-une-maladie-meconnue

https://www.huffingtonpost.fr/2017/03/13/lendometriose-cest-quoi_a_21879378/


Source : Voir

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