Les nouveautés esthétiques de 2019

1. Le snapchat du décolleté

Jusqu’à aujourd’hui, pour simuler une augmentation mammaire, le chirurgien partait d’une photo de nos seins et utilisait un logiciel 3D. Ce qui donnait, certes, une indication du résultat souhaité (un 85C ou un 90B), mais on avait l’impression de regarder tourner sur l’écran un buste de statue antique. Ça pourrait changer ! Une société vient de lancer un système de réalité augmentée 4D qui permet de s’admirer, topless et en mouvement, de profil ou de trois quarts, comme si on s’était déjà fait poser des implants mammaires. Comment ça marche ? Il suffit au chirurgien de connecter son iPad via l’Apple TV sur une télé. Gadget ou avancée technologique ? L’effet bluffant est assuré, même si nombre de médecins préfèrent encore la bonne vieille méthode qui consiste à vous présenter des prothèses à caler dans le soutien-gorge avant d’enfiler, par-dessus, un T-shirt blanc moulant!
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2. Le boom des machines

Les appareils permettant de remodeler la silhouette et de rajeunir le visage de manière non invasive, comme ceux qui utilisent la radiofréquence et les ultrasons (HIFU), explosent sur le marché de l’esthétique médicale. Et ces appareils ne cessent d’évoluer (déjà la troisième génération pour les HIFU). Faut-il pour autant se ruer sur les machines dernier cri ? Pas si sûr. Elles fonctionnent en effet toujours sur le même principe : en stimulant le collagène par vibration ou en chauffant le derme, elles effacent les ridules et retendent la peau. Et ce n’est pas seulement la sophistication de la machine qui garantit le résultat, mais la réaction de notre peau face à cette stimulation. Conclusion : les résultats sont fluctuants. Concernant la radiofréquence, inutile d’insister au-delà de deux séances si vous ne voyez pas d’amélioration. Et pour les HIFU, qui consistent en un seul traitement, il est difficile de prévoir si ça marchera un peu, beaucoup ou presque pas pour soi. Alors, on y va ou pas ? La décision est à prendre avec son médecin.

3. Des injections anti-double menton

Un nouveau traitement destiné à effacer le double menton, pas encore disponible en France, semble déjà remporter un franc succès outre-Atlantique ! Le produit (Kybella, d’Allergan), qui consiste à dissoudre les graisses, est agréé par la FDA (l’agence de sécurité sanitaire des États-Unis), et deux études prouvent son efficacité pour affiner le menton en deux à six séances. Ça se passe comment ? « On injecte un produit à base d’acide déoxycholique en piquant une trentaine de fois avec une petite aiguille,
une fois la zone anesthésiée [comme chez le dentiste, ndlr], explique le Dr Benjamin Ascher, chirurgien plasticien et directeur scientifique de l’Imcas (International Master Course on Aging Science), qui a dirigé l’étude européenne sur ce traitement. Le résultat optimal s’observe au bout de trois mois. » Mais à l’heure où la cryolipolyse fonctionne pour affiner cette région submentale, qu’apportent de plus ces injections ? « Elles ont un réel effet tenseur, qui reste à discuter quand on utilise le froid », estime le Dr Ascher. Le bémol ? On est très gonflée durant huit jours. « La réaction inflammatoire peut effectivement être importante mais peut être soulagée », ajoute le chirurgien. Autre limite : « Il faut que le matelas graisseux soit suffisant et que le médecin soit très bien formé, insiste-t-il, car le produit est puissant. » Le risque ? Que celui-ci lèse des cellules cutanées ou un nerf s’il est injecté au mauvais endroit. Enfin, c’est coûteux, environ 1000 $ (930 €) chaque séance. Des facteurs qui expliquent sans doute que l’agrément européen tarde.

4. Haro sur la cryo ?

La cryolipolyse est dans le viseur des autorités de santé. On parle bien de la dernière technique qui fait fureur pour réduire nos bourrelets par le froid ? Oui ! En juillet, la Haute Autorité de santé (HAS) a rendu un avis qui alerte sur les risques auxquels elle exposerait. Car le traitement par cryolipolyse entraîne un certain nombre d’effets secondaires, comme des bleus, des douleurs façon grosse crampe ou une perte de sensibilité de la zone traitée, qui peuvent durer plusieurs semaines. Plus grave, des
brûlures profondes ont été constatées, liées à une mauvaise pratique, comme une mauvaise position de la lingette censée protéger du froid, un défaut de paramétrage de l’appareil ou encore des séances trop rapprochées. En cause, le manque de formation de certains praticiens, et l’existence de pléthore de machines sans certification médicale. Deux labels permettent de s’assurer de leur qualité : le marquage CE médical et l’agrément FDA, américain, dont les normes sont très strictes. La HAS cite pour le moment deux machines qui répondent aux normes (Cristal, de Deleo, et  CoolSculpting, de Zeltiq). L’autre risque? L’« hyperplasie paradoxale » : une augmentation de 20% des cellules graisseuses sur la zone traitée (1% des cas). Exactement l’inverse de ce que l’on recherche. Un phénomène indépendant du type de machine. L’unique remède ? La lipo-aspiration… En attendant le nouveau règlement européen, applicable en 2020 (qui va encadrer ces actes, la formation et la qualification des professionnels ainsi que les conditions de leur réalisation), mieux vaut choisir un médecin de confiance, qui maîtrise la technique.

5. Interview : ce que font les New-Yorkaises 

La Dre Dendy Engelman, dermatologue dans la grosse pomme et consultante pour Elizabeth Arden, nous raconte tout ce qui se fait (à tort ou à raison) à Manhattan.

ELLE. En France, on dit : « Faites quelque chose, docteur, j’ai l’air fatigué ! » Et à New York ?
Dendy Engelman. On ne dit jamais qu’on a l’air fatigué à New York, c’est presque une insulte. Les femmes viennent en disant : « Mon visage a changé ! » Après 30 ans, en général, elles voient apparaître des ombres sur le contour de leur visage ou des cernes se dessiner.

ELLE. Démarrer les soins esthétiques jeune, est-ce une bonne idée ?
D.E. Il faut faire attention, parce que, quand on commence trop tôt, ça peut paradoxalement nous vieillir. Nous avons l’exemple aux USA de Kylie Jenner (demi-sœur de Kim Kardashian), qui, à 21 ans, s’est prêtée au jeu des injections dans les lèvres. Par ailleurs, l’âge détermine moins l’aspect général de votre visage que votre style de vie : vous êtes-vous beaucoup exposée au soleil ? Fumez-vous ? Dormez-vous assez ?

ELLE. Qu’est-ce qui influence vos plus jeunes patientes ?
D.E. Les stars bien entendu, mais aussi les réseaux sociaux. Une injection, aux États-Unis, c’est le nouveau it bag ! Certaines s’installent dans mon fauteuil et démarrent la séance de soin en se filmant avec leur portable en live sur Snapchat !

ELLE. Votre ordonnance beauté ?
D.E. Avant tout un SPF 50 tous les jours, une protection antipollution (ses particules sont 20 à 40 fois plus petites que les pores de la peau), et une crème à base de rétinol, la star des actifs.

ELLE. Et demain ?
D.E. On découvre que la high-tech nous vieillit, à cause des positions que nous prenons avec un Smartphone, mais aussi à cause de la lumière bleue qu’il émet. En se tenant droite, on perd 40% des rides sur le cou ! Quant à la lumière bleue, une cosmétique protectrice arrive sur le marché, pour s’en protéger chez soi.

6. Les sourcils repoussent

Les demandes seraient en hausse pour corriger une arcade sourcilière malmenée par des épilations intempestives, un maquillage permanent qui vieillit mal ou un traitement anti-cancer. Pour recréer les deux sourcils, le chirurgien réimplante sous anesthésie locale entre 100 et 200 greffons de cheveux prélevés au niveau de la nuque, là où ils sont les plus fins. Les suites : plusieurs jours de gonflement des arcades et des paupières, des petites croûtes et parfois des bleus. Les poils tombent puis repoussent progressivement les mois qui suivent. En attendant le résultat définitif à un an, on maquille et on discipline. (1 000 à 1500 €.)

7. La fin des cicatrices

Les faits : pas d’opération chirurgicale sans cicatrice, même discrète. La nouveauté ? En fin d’intervention, le chirurgien place une bandelette sur la suture et promène dessus un laser (UrgoTouch). Jusqu’ici, on traitait au laser l’aspect boursouflé et coloré des cicatrices plusieurs semaines après l’opération, cette fois, on intervient sur la réorganisation du collagène au tout début du processus de cicatrisation, cela marcherait même sur peau foncée. Lors du lancement de ce laser voilà deux ans, une étude
en double aveugle conduite sur quarante patientes opérées d’une hypertrophie mammaire montrait une diminution moyenne de 29 % du volume de la cicatrice, de 11 % de sa surface et de 17 % de sa rugosité.

8. Adieu déo ?

La fin de la transpiration excessive ? 5,5% de la population souffrirait d’hyperidrose. Le MiraDry, appareil à ondes ultracourtes, détruit les glandes sudoripares des aisselles (2% de celles du corps), ce qui réduit de 80% la transpiration dans cette zone, et
avec elle les mauvaises odeurs. La séance dure 1 h 30: le médecin fait des piqûres dans chaque aisselle pour les anesthésier (pas fun). Puis il déplace sa sonde en suivant un quadrillage précis, pour délivrer l’énergie point par point. L’étude clinique a démontré un résultat intéressant quand on souffre d’une sudation invalidante au quotidien, sans effets secondaires depuis son arrivée en France. Le hic ? Le traitement coûte 2000€. Mais l’amélioration est a priori définitive alors qu’on doit renouveler une à deux fois par an les injections de toxine botulique (à partir de 350€ l’une), le traitement de référence.

9. Objectif bonne mine

Pour que notre peau irradie, voici deux nouveaux soins à faire chez notre médecin.

-Une combinaison masque gel + Led pour un teint radieux. En pratique, on applique un gel, qui va constituer un photomasque, et on reste vingt minutes sous une lampe Led. Les différentes molécules actives, encapsulées, vont stimuler le collagène et donner un coup d’éclat à la peau. Cinq à huit séances sont nécessaires pour un résultat optimal avec Aurore by Medisol, de Deleo (95 € la séance). Et avec la méthode novatrice Kleresca, la cure sera de quatre séances de trente minutes (250 € la séance). Des études ont notamment démontré que ce type de soin entraîne une augmentation de 400% de la production de collagène.

-Un peeling sans préparation pour une peau zéro défaut. Le tout nouveau soin HydraFacial made in USA arrive enfin chez nous. Avec une expertise de pointe propre aux soins dermo-professionnels de la marque SkinCeuticals, le protocole se déroule en trois temps: un nettoyage de fond avec le sérum Active-4TM, qui élimine les cellules mortes ; un mélange d’acides glycolique et salicylique, qui offre les avantages d’un peeling sans desquamation post-peeling ; un masque à la vitamine C, bouclier anti-radicaux libres. résultat : le grain de peau est affiné, le teint est uniforme (de 150 à 250 € le soin).

10. Le no tattoo business

Avec l’arrivée des lasers « picosecondes », le détatouage décolle chez les dermatologues… Le temps nécessaire a été réduit de plus de moitié : « Hier, il fallait compter dix à vingt séances espacées de deux mois, soit environ trois ans, pour retrouver une peau vierge. Il est désormais possible d’obtenir un bon résultat en moins d’un an à raison de six à douze séances espacées d’un mois », note la dermatologue Marie Jourdan. C’est encore long… et cher (200 € la séance en moyenne). Trois machines sont actuellement utilisées par les médecins (PicoSure chez Cynosure ; PicoWay chez Syneron Candela ; Discovery Pico plus chez Deka). Si ce procédé efface toutes les couleurs, il reste quelques contraintes : cloques, nécessité de patienter trois mois avant
de s’exposer au soleil. Enfin, il arrive qu’une encre de composition inconnue ne parte pas malgré la puissance du laser. Ne reste alors que le cover, soit un tatouage sur le tatouage.

Source : Elle.fr

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