Martin Fourcade : Le « choix difficile » du papa poule d’Inès et Manon

En panne de sensations, frustré et confronté à l’hégémonie implacable du Norvégien Johannes Bø (11 victoires en 15 courses depuis le début de la Coupe du monde 2018-2019), Martin Fourcade va abandonner un temps les pistes de biathlon, faisant l’impasse sur les deux manches nord-américaines à venir en février et sacrifiant le classement général pour tout miser sur les championnats du monde, du 7 au 17 mars 2019 à Östersund, en Suède. Avec un ingrédient phare pour s’y préparer : l’amour de sa famille.

Quatrième du sprint d’Antholz-Anterselva (Italie) vendredi et cinquième de la poursuite samedi, le grand champion français a annoncé à l’issue de la mass start dimanche, où il a de nouveau dû se contenter d’une place au pied d’un podium (quatrième) dominé par son compatriote Quentin Fillon Maillet, enfin récompensé par une (superbe) victoire. Auteur d’un 19/20 au tir, le quintuple champion olympique, sept fois vainqueur (d’affilée) du classement général de la Coupe du monde et onze fois champion du monde, n’a pu que constater avec dépit qu’il « en manque encore pas mal en ski » pour pouvoir lutter avec son grand rival scandinave : « L’athlète qui se bat cette année sur la piste n’est pas celui qui a réalisé de belles performances ces dernières années, il y a vraiment trop d’écart entre ce que je fais sur les skis aujourd’hui et ce que je suis capable de faire, a commenté le Français, sevré de succès, qui a également adressé un beau message à ses abonnés Instagram. Donc j’ai pris la décision avec l’encadrement de ne pas faire la tournée américaine, c’est une décision qui n’est pas simple à prendre pour moi parce que j’ai toujours énormément respecté le général et que même si pour l’instant je ne suis pas en mesure de me battre pour la première place, c’est dur de faire une croix sur ce podium qui signifie beaucoup pour moi. Mais j’ai vraiment trop à coeur de retrouver ces sensations qui me permettent de m’amuser sur les skis et qui aujourd’hui m’auraient permis, avec un 19/20, d’exister autrement dans la course. C’est un choix difficile mais qui est là pour me faire retrouver mon meilleur niveau pour les championnats du monde.« 

Opération papa poule

Quant à la manière dont il va employer les six semaines qui le séparent de ce rendez-vous, Martin Fourcade sait déjà très précisément comment il va les employer pour redevenir performant et retrouver de l’enthousiasme : « Prendre beaucoup de repos dans un premier temps, passer du temps à la maison avec mes filles, à faire le papa poule, et après, une fois que j’aurai bien rechargé les batteries, emmagasiné beaucoup d’amour et que la compétition me manquera énormément, je reviendrai à l’entraînement pour préparer Östersund pour le mois de mars« , dit-il en toute transparence.

Compétiteur acharné, le champion tricolore, qui était l’an dernier porte-drapeau de l’équipe de France aux Jeux de Pyeongchang, est en effet aussi le papa de deux petites filles, Manon, 3 ans, et Inès, qui aura 2 ans le 23 mars prochain, fruits de son amour avec sa compagne Hélène Uzabiaga. En 2017, en pleins championnats du monde de biathlon à Hochfilzen, en Autriche, Hélène décrivait pour le quotidien Le Parisien Martin Fourcade comme un papa « tout sauf absent » : « Même quand il n’est pas là, on sent sa présence. Il a rempli une boîte avec plein de petits objets que l’on va regarder avec Manon. (…) Quand il rentre, Manon lui fait toutefois un peu payer ses absences mais il ne lâche pas. Il est doux et extrêmement patient« , révélait-elle alors, brossant le portrait touchant d’un homme « très facile à vivre, tendre, organisé, généreux avec les gens qui comptent pour lui« .

Soucieux de préserver malgré ses absences obligées le couple qu’il forme depuis 2008 avec Hélène, rencontrée des années plus tôt à l’adolescence, Martin Fourcade évoquait l’an dernier la paternité comme une dimension essentielle de son existence : « Elles me manquent quand je ne les vois pas. Je veux les voir grandir« , confiait-il alors.


Source : Voir

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