Pendant la journée sans smartphone, on fait quoi ?

La journée sans smartphone a lieu chaque année le 6 février. A l’heure où les chiffres nous montrent de plus en plus accros, faut-il faire une détox complète ? Où se situe la juste mesure ? Nous avons fait le point avec une sociologue, spécialiste du sujet. 


Comment gérer la journée sans portable

La journée sans smartphone est fixée chaque 6 février… et se prolonge durant trois jours. Belle initiative qui permet de discuter, avec les autres et soi-même, de la place que ce smartphone prend dans notre vie. Une place tellement envahissante que le terme « nomophobie », soit une phobie liée à la peur de se passer de son téléphone portable, a été désigné comme l’un des mots les plus populaires en 2018.

Pour réfléchir au sujet, nous avons rencontré Catherine Lejealle, sociologue, professeur à l’ISC Paris, auteur du livre J’arrête d’être hyperconnecté, 21 jours pour réussir sa détox digitale (éd. Eyrolles).

Les petites névroses des hyperconnectés

Le smartphone provoque, parfois, des comportements qui peuvent être à terme source de stress ou d’angoisses. Pas tout le temps, bien sûr, mais Catherine Lejealle détaille certaines façons d’être qui impactent tout particulièrement les jeunes.


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« Le principal écueil de la personne hyperconnectée est de ne plus profiter de l’instant présent, à force de photographier/partager/commenter en permanence ce qu’elle fait. Résultat : elle n’est plus connectée avec ses cinq sens, passe son temps à entrer et sortir d’une situation, et elle a besoin du regard des autres pour se dire “Le moment que je vis est formidable“ ou “ce que j’ai dans mon assiette est délicieux”. »

Autre écueil à éviter : une certaine forme de bovarysme moderne, qui consisterait à trouver la vie des autres formidable et la sienne médiocre. « J’ai discuté récemment avec une jeune femme de 30 ans, qui me disait la chose suivante : “Ma meilleure amie est sur Facebook en permanence. Heureusement que je connais, par ailleurs, sa vraie vie, sinon je serais folle de jalousie !”

Quelques chiffres concernant notre usage du smartphone :

  • 67% des Français admettent être dépendants de leur smartphone, de leur tablette ou de leur ordinateur. Parmi eux, 29 % se disent même « totalement dépendants ». (source : sondage BVA pour la Fondation April, avril 2018).
  • Sur l’addiction au smartphone proprement dite, 51% des Français avouent ne pas pouvoir s’en passer en voyage. Même à la plage, 18% des Français  déclarent passer tout leur temps sur leur téléphone à passer des appels et à surfer sur internet (source : études menées en Europe par lastminute.com en 2016 et 2017.

Le “téléphone intelligent” n’est pas que mauvais

Il faut aussi reconnaître à ce téléphone intelligent toutes ses qualités.

De simple téléphone il y a quelques années, le smartphone est devenu un objet utile, formidable “simplificateur de vie” à bien des égards. « Il rend mille services : le GPS, la prise de rendez-vous, les réservations en tout genre… Il permet aussi de renforcer le lien social, il offre le plaisir d’être connecté, de partager », constate Catherine Lejealle.

Pour toutes ses raisons, notre sociologue estime que vouloir brutalement arrêter l’usage du smartphone serait un peu… masochiste. Pourquoi se priver de tous ces services ? Une rupture radicale pourrait générer une frustration tout aussi stressante.

Eviter la “fragmentation” des activités

Si personne ne nous demande – soupir de soulagement – de jeter notre smartphone à la poubelle, cette journée du smartphone peut cependant être une très bonne occasion de réfléchir à l’usage que l’on en fait. Prenons le temps, pendant trois jours, d’analyser notre comportement.


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« L’idée est de se fixer des petits défis, explique Catherine Lejealle.

  • Laisser son portable pendant une heure,
  • Passer des moments dans l’instant présent, sans smartphone dans la main. Exemple : déguster un repas tranquillement, être avec des amis sans prendre un selfie, prendre un bon bain sans en profiter pour lire les actualités.
  • Le soir, respecter un temps calme sans écran avant de s’endormir.
  • Pendant la nuit, ne pas laisser le téléphone dans la chambre à coucher. La lumière bleue émise par l’écran nuit à la sécrétion de la mélatonine, l’hormone du sommeil.
  • Au travail, finir sa tâche tranquillement sans répondre aux sollicitations.
  • L’objectif principal est d’éviter cette fragmentation des activités si caractéristique des gens connectés en permanence. »

Profitez de cette pause digitale pour établir des règles de bon usage de votre smartphone et ainsi éviter de retomber dans la déendance.

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Source : Voir

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