Pesticides : l’indemnisation des victimes encore repoussée

L’Assemblée nationale a examiné le 31 janvier la création d’un fonds d’indemnisation des victimes de pesticides. Mais le débat a tourné court. L’examen du projet est repoussé à fin 2019. L’association Phyto-victimes se dit « méprisée ». 

La création d’un fonds chargé d’indemniser les victimes de pesticides a été adopté par le Sénat en février 2018. Le projet devait être examiné par l’Assemblée nationale le 31 janvier 2019. Mais les débats ont été écourtés et la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé qu’ils reprendraient lors de l’examen du Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020. Concrètement, les discussions reprendront à la fin de l’année 2019.

Ce fonds est destiné à compléter le dispositif de réparation des maladies professionnelles qui concerne les agriculteurs. Là, l’indemnisation pourrait concerner toutes les personnes intoxiquées, qu’elles le soient dans un cadre professionnel ou non.

Les députés ont également rejeté la création d’un fonds d’indemnisation spécifiquement dédié aux victimes du chlordécone, un pesticide largement utilisé dans les bananeraies antillaises. En septembre 2018, le président de la République Emmanuel Macron avait pourtant reconnu la part de responsabilité de l’Etat dans ce « scandale environnemental ». Le chlordécone est, en effet, reconnu par la communauté scientifique comme un « cancérogène possible ». Les Antilles présentent un taux de cancers de la prostate parmi les plus élevés au monde.

Devant ces multiples revers, l’association Phyto-victimes se dit « méprisée » et annonce qu’elle « sera très attentive au texte présenté lors du Projet de loi de financement de la sécurité sociale (en septembre 2019) afin que celui-ci ne soit pas vidé de son sens ». 

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