Trop de temps passé devant la télévision augmente le risque de cancer colorectal

Une récente étude confirme à quel point la sédentarité et notamment le fait de passer plusieurs heures devant la télévision, constitue un facteur de risque à part entière du cancer colorectal. Par ailleurs, les personnes de moins de 50 ans ne sont pas épargnées par cette association.


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La sédentarité est considérée comme l’un des dix facteurs de risque de mortalité dans le monde et une récente étude vient confirmer son rôle dans la survenue d’une maladie chronique bien précise, le cancer colorectal. Menée par des chercheurs de l’université de Washington, celle-ci met en évidence un lien entre le temps passé assis, notamment devant la télévision, et l’augmentation du risque de cancer colorectal chez les moins de 50 ans. Ces derniers se sont intéressés à cette association en raison du constat selon lequel le cancer colorectal diagnostiqué chez les moins de 50 ans est en augmentation dans le monde, contrairement aux baisses observées chez les personnes âgées grâce au dépistage.

Ils font également savoir que le cancer colorectal qui touche les plus jeunes aurait des caractéristiques potentiellement différentes de celles constatées chez des personnes plus âgées. Il est en effet généralement plus agressif et se trouve à un stade plus avancé, ce qui entraîne un pronostic plus négatif. « Malgré ces tendances, les scientifiques ont identifié peu de facteurs de risque spécifiques pour le cancer colorectal à un stade précoce. », expliquent-ils. C’est pourquoi ils ont choisi d’étudier l’impact du temps passé à regarder la télévision, ainsi que d’autres comportements sédentaires, sur la santé de 89 278 femmes américaines participant à une étude sur la santé des infirmières.

« La sédentarité a un rôle distinct »

Les résultats ont montré que sur les 118 cas de cancer colorectal d’apparition récente diagnostiqués après deux décennies de suivi, plus d’une heure de télévision par jour était associée à une augmentation du risque de 12% par rapport aux personnes qui ne la regardaient pas autant. Le constat était encore plus frappant pour celles qui regardaient la télévision plus de deux heures par jour, avec une augmentation du risque de près de 70%. Par ailleurs, cette association était indépendante de l’indice de masse corporelle des personnes ainsi que de leur pratique physique et de leurs antécédents familiaux de cancer colorectal. Et celle-ci s’avère plus forte pour le cancer rectal que le cancer du côlon.

Les chercheurs affirment que ces résultats sont parmi les premiers à établir un lien entre des comportements sédentaires spécifiques et le risque de cancer colorectal à un stade précoce. « Cette étude peut aider à identifier les personnes à haut risque et qui pourraient bénéficier davantage d’un dépistage précoce. », explique le Pr Yin Cao, coauteur principal de l’étude. « Le fait que ces observations soient indépendantes de l’IMC et de l’activité physique suggère que la sédentarité elle-même pourrait poser un risque distinct de cancer colorectal précoce. », conclut-il. Selon l’Organisation mondiale de la santé, la sédentarité représente la cause principale de 21 à 25% des cancers du sein ou du colon.

Quelles modalités de dépistage en France ?

En France, l’Institut national du cancer indique que le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus meurtrier, après le cancer du poumon. Chaque année, il touche près de 45 000 personnes, le plus souvent après 50 ans, et est responsable de 18 000 décès. Pourtant, s’il est détecté tôt, il se guérit dans 9 cas sur 10. Dans le cadre d’un programme de dépistage organisé les personnes entre 50 et 74 ans sans facteur de risque particulier sont invitées par courrier à se rendre chez leur médecin afin de recevoir un test immunologique qui vise à déceler la présence de sang dans les selles, à réaliser tous les deux ans. Si le résultat du test est positif (4,5 % des cas), une coloscopie sera alors prescrite.

Avant 50 ans, l’Inca estime que les personnes qui ne présentent pas de symptôme, ni antécédent personnel ou familial de polype, de cancer ou de maladie touchant le côlon ou le rectum, ne sont pas concerné par le dépistage organisé du cancer colorectal « car ce type de cancer est rare avant cet âge. » Mais il recommande de consulter son médecin en cas de présence de sang dans les selles, d’apparition de douleurs abdominales ou de troubles du transit (diarrhée, constipation) persistants ou d’un amaigrissement inexpliqué. « Il ne s’agit pas forcément d’un cancer mais il pourra vous prescrire des examens pour déterminer la cause de ces troubles et vous proposer une prise en charge adaptée. », explique-t-il.

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Source : Voir

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